De l'Origine du Royaume d'Ayastan
Éveil de l'Arménie
par Jean-Michel BERNOS
Edition Mars 2006
Toute reproduction, même partielle de cette étude est interdite
sans l'autorisation écrite de l'auteur.
Avant-propos
Pourquoi cet essai sur l'Arménie ?
D'abord, parce que la mémoire des grands peuples qui ont jalonné notre histoire a peu à peu établi la notion inéluctable de civilisation ; système de vie et de pensée, qui incite le genre humain à étendre son influence sur toute la surface de la terre.
Ensuite, parce que les grandes civilisations s'influençant mutuellement, par intégration ou par alliance, démontrent le génie de la différence " humaine " ; celui d'une capacité à comprendre comment marche le monde et à l'enseigner à ses semblables ou ses descendants. Notion formellement absente dans tous les autres règnes de la vie.
Enfin, parce que certaines " Civilisations " ont justifié leur fondamentale et nécessaire existence par leur volonté, leur dispositions et leur pugnacité ; souvent d'ailleurs dans l'adversité, l'isolement ou la dispersion ; développant un ensemble de gestes historiques majeurs et originaux.
De très nombreux ouvrages ont détaillé de façon experte et exhaustive, la riche histoire de cette société, s'attardant sur la précieuse particularité géographique de son implantation, dans une des régions connue comme l'un des berceaux de l'humanité.
L'histoire universelle nous apprend que l'Arménie a embrassé la chrétienté la première parmi les nations dites païennes.
Les historiens se sont attardés sur les conséquences des différentes conquêtes ou assimilations, certaines tragédies, des combats actuels.
Paradoxalement, bien que la brillante et précédente civilisation d'Urartu, mise à jour en 1936, nous renseigne sur la vie de cette région avant l'établissement du peuple Arménien ; peu de travaux se sont attardés sur cette " origine " d'Ayastan, nom arménien d'un peuple authentique, industrieux et attachant.
Par pure curiosité ethnologique, j'ai voulu comprendre la souche de cette nation, la genèse de son histoire.
l'Histoire
Dès l'ère paléolithique, l'Anatolie, la Mésopotamie ( littéralement :
" le pays entre les deux fleuves " ) ainsi que le sud du Caucase sont déjà peuplés. C'est dans ce vaste territoire que vont se développer des civilisations successives jusqu'à l'éveil d'Ayastan, le royaume fondé par les Arméniens.
Les premier grands peuples sont les Mésopotamiens. Ils émergent dès le VII ème millénaire, Leur civilisation sera fort longue. Ils se diviseront, se constitueront au cours des alliances et des combats. Les Sumériens apparaissent dès 3300 ans Av. JC.
Les Phéniciens ont déjà une culture développée au III ème millénaire, et influencent la région côtière avant de se lancer dans les grandes conquêtes maritimes qu'on leur connaît.
On note différents royaumes comme celui de Lagash, sur le Tigre inférieur, au XXV ème siècle Av. JC, puis les Sumériens infligent leur domination brutale s'opposant ensuite aux sémites d'Akkad.
Vers 2200 Av. JC, apparaissent les Hourrites descendus des montagnes. On parle d'infiltration de la civilisation Mésopotamienne.
Les Barbares comme les Gouti et les peuples du Zagros (chaîne de montagnes au sud-est de l'Iran) envahissent la Mésopotamie. Suit vers -2100, la grande dynastie d'Our qui va perfectionner la politique impériale des maîtres d'Akkad. Ce sera la grande époque des ziggourats.
Vers -2000 s'infiltrent les Amorrites, puis les Elamites qui finissent par adopter un dialecte akkadien. Il donnera naissance à la langue Assyrienne .
Pendant ce temps les Hourrites continuent leur progression en haute Mésopotamie.
C'est la dynastie Amorrite qui s'impose jusqu'en 1600 av. JC.
Les peuples de la périphérie se remettent en mouvement pendant que se met en place le 1er royaume de Babylone lui même, détruit par une expédition Hittite.
Jusqu'en –1200, les Hourrites et les Aryens se fixent en Mésopotamie. Ils sont venus du Zagros lors de la période précédente et fondent un État, le Mitanni, pendant qu'une seconde puissance est créé par les Kassites dans le sud. Les Hittites et les Assyriens s'entendent pour les dominer vers le XV ème siècle Av. JC.
Malgré toutes ces vicissitudes, La Babylonie continue de vivre et porte une grande influence dans toute la région, ou le commerce ne cesse jamais de se pratiquer. Vers –1100, La Babylonie et l'Assyrie commencent à décliner sous l'effet du harcèlement des nomades. Au X ème siècle Av. JC, les groupes Araméens se fixent dans la région. Ils absorbent les populations plus anciennes, mais partout, les petits royaumes tribaux qui se forment reconnaissent pour souverain, le roi de Babylone.
Vers –900 commence alors la reconquête des Assyriens réveillés par un renouveau économique et intellectuel. Progressivement, ils vont soumettre les Araméens. Cette conquête durera un demi siècle. Vers –825, les Assyriens ont du mal à endiguer la poussée d'Urartu qui par le bassin du Tigre supérieur, menace le c½ur de l'Assyrie.
Les Hurrians ou Hurrites et quelques petites principautés s'installent dans la région du lac de Van vers –860. Ils donnent naissance à la magnifique civilisation d'Urartu qui résistera jusqu'en –590, époque à laquelle ils seront décimés par les Mèdes venus d'Iran , les Scythes venus des steppes eurasiatiques et les Cimmériens, cavaliers originaires de la steppe pontique (le Pont, arc montagneux de la Turquie actuelle, qui borde au nord, le plateau anatolien en longeant la côte de la mer noire depuis le Bosphore jusqu'à la Russie).
Urartu est une déformation d'Ararat, nom de la montagne où Noé posa son arche. C'est le nom que leur donnait les Assyriens sous le règne du roi Salmanasar 1er, alors qu'ils s'appelaient entre eux " Biaini ". Les Assyriens appelaient aussi ce pays :" Terres de Naïri "
Les Urartéens parlaient un dialecte Hurrite, mais adoptèrent rapidement la langue et l'écriture Assyrienne.
Ils possédaient une originale culture basée sur l'arbre de vie, mais furent combattus sans relâche par Sargon, roi Assyrien d'Akkad qui assiégea les forteresses Urartéennes. Le c½ur du pays se situait entre le lac de Van et celui de Sevan.
Urartu finit par disparaître en 590 Av. JC sans laisser de trace, car on ne découvrit son existence qu'en 1936. Pourtant il ne disparut pas complètement.
Une tribu Thraco Illyrienne, les Haïkans se mélangea aux Urartéens dès le VII ème siècle Av. JC. Ils se disaient descendants de Haïk, arrière petit fils de Noé. Ce personnage a fait l'objet d'une épopée nationale, rédigée vers 1800 de notre ère par le restaurateur de l'arménien classique, Arsen Pakradouni.
Les " Thraces " était un peuple indo-européen vivant dans une vaste région comprenant la Grèce, la Bulgarie, la Turquie et la péninsule balkanique, tandis que les " Illyriens " se situaient entre Danube et mer adriatique. Il y avait une forte population Illyrienne en Dalmatie méridionale, au voisinage du monde Grec. Pline l'ancien disait d'eux qu'ils devaient être les ancêtres des Albanais. Ils donnèrent à Rome sept fameux empereurs entre 268 et 885 dont Claude et Aurélien. On appelait aussi les Illyriens archaïques, " Les peuples de la Mer ". Ces peuples participèrent à des invasions en Mésopotamie et en Egypte.
Progressivement, les Haïkans s'installèrent, absorbant à leur tour la culture d'Urartu, jusqu'à émerger avec une forte identité.
Quels sont les évènements qui ont amené ces tribus à se former ? Les mouvements divers de rois locaux en mal de conquête ? Les mélanges de populations au gré des déplacements vers de nouveaux horizons ? Une identité culturelle qui les poussaient à rechercher un lieu mythique ? Il faudrait beaucoup de travaux et de quêtes pour comprendre les raisons précises de la formation de la tribu Thraco Illyrienne, les Haïkans ! Quoi qu'il en soit, et peut-être à l'image de certaines populations se créant une homogénéité, comme l'histoire nous en montre des exemples ; cette tribu trouva dans la région du lac de Van, un havre et un territoire pour se développer et croître.
Ils grandirent et prospérèrent dans toute l'Anatolie, le nord de la Syrie, de l'Iran et le sud du Caucase.
L'Arménie est d'abord une satrapie vassale de l'empire des Mèdes (612-549 Av. JC), puis des Achéménides (549-330 Av. JC), avant d'être intégrée à l'empire d'Alexandre le Grand. Mais la défaite d'Antiochos III à Magnésie (189 Av. JC) permet au Roi Artaxias 1er, d'origine grecque, de proclamer l'indépendance de la Grande Arménie. Celle-ci connaît la période la plus glorieuse de son histoire sous Tigrane II le Grand (95-54 Av. JC). Cependant, défait par Pompée en 66 Av. JC, ce dernier doit s'allier à Rome. L'Arménie joue désormais le rôle d'un État tampon entre les Empires romain et parthe, qui se la partagent en 390 Apr. JC.
Il y eut ensuite la conquête arabe en 640 de notre ère, puis des coups portés par Byzance et les Turcs Seldjoukides. Il y eut encore les Mongols de Genghis Khan et les Turkmènes, jusqu'à l'émigration du peuple Arménien vers la Cilicie (région de la Turquie d'Asie, au sud est de l'Anatolie, contre les montagnes du Taurus). Ici la " Petite Arménie " est fondée en 1080. Royaume dont les princes soutiendront les croisés contre l'Islam.
Le royaume pourtant succombe aux attaques des Mamelouks d'Egypte en 1375.
De la fin du XIV ème siècle au XVII ème siècle, les Ottomans se rendent maîtres de toute l'Arménie, excepté du khanat d'Erevan, du Nakhitchevan et du Karabakh (sud du Caucase) qui, disputés du XVI ème siècle au XVIII ème siècle entre Turcs et Persans, reviennent finalement à ces derniers. Dans l'Empire Ottoman, les Arméniens constituent depuis 1461 la nation arménienne, sous la responsabilité du patriarcat arménien de Constantinople. Ils seront malgré les nombreuses vicissitudes, un peuple avec sa propre identité dans l'empire Ottoman, puis Turc jusqu'à la première guerre mondiale.
Il est difficile de résumer 1500 ans d'histoire en quelques lignes, notre objectif étant de comprendre essentiellement le mécanisme de la formation de cette nation, mais il semblait important de survoler cependant, la suite de son aventure.
Le Royaume d'Ayastan connu plusieurs capitales, Artaxata, capitale de la grande Arménie sur l'Araxe ; Ani, en Turquie, capitale de la dynastie des Bagratides au V ème siècle. Elle fut mise à sac en 1064 et détruite par un tremblement de terre en 1319.
Aujourd'hui, la capitale de la République d'Arménie se situe dans le petit Caucase, et se nomme Erevan. Elle se trouve à proximité du lac Sevan. Enclavée, l'Arménie avec peu de ressources énergétiques, tente avec son légendaire esprit d'entreprise, sa main d'½uvre qualifiée, et le soutien de la diaspora, de valoriser son potentiel économique. Elle le tente, en dépit des difficultés rémanentes avec certains de ses voisins, au sujet de prédilections territoriales. Gageons que la bonne volonté, les accords intelligents, et le bon sens sauront permettre à tous de trouver rapidement une issue favorable sans violence.
Trois grands sites on constitué l'Arménie historique, ou zone d'influence : Les deux grands lacs de Van et Sevan et la montagne d'Ararat (symbole national), que l'on trouve en reliant les deux lacs par une ligne droite. Seul le lac Sevan se trouve aujourd'hui dans la partie officiellement restaurée à la population suite à la révolution russe de 1917. La république est proclamée en 1918, et reconnue par les Alliés en 1920. Toutes les régions prévues à l'origine ne sont pas conservées (notamment la région de Van), suite à l'offensive turque. L'Arménie dans ses frontières actuelles à quelques exceptions de territoires divers, est soviétisée en 1920 et n'obtient sa réelle indépendance qu'en 1991. La population actuelle est de 3 millions de personnes, tandis que les arméniens répartis dans le monde sont environ 3,5 millions d'individus.
Les Arméniens sont chrétiens, ils sont même le premier peuple dit païen à être christianisé. Ceci est une particularité de leur histoire qui mérite d'être soulevée. Après la déclaration de création de l'état Arménien par Artaxias 1er - Nous sommes dans les années 190 Av. JC – la capitale est Artaxata sur le fleuve Araxe. Son successeur Tigrane le Grand conquiert les rives de l'Adriatique en 80 Av. JC et se proclame " Roi des rois " La capitale devient pour un temps Tigranocerta (Diarbékir, en Turquie), mais passe sous protectorat romain en 69 Av. JC sous Pompée. Ce n'est qu'en 135 Apr. JC que l'empereur Hadrien rétablit l'autonomie.
Suivra une période d'entente entre Arméniens et Romains et des souverains comme Tiridate III d'origine Parthe. Ils se battront ensemble contre les Perses Sassanides. Pendant ce temps le christianisme commence à essaimer dans la région. Un Evêque nommé à Césarée en Cappadoce (aujourd'hui Kayseri, en Turquie) entre en Arménie. C'est Grégoire 1er l'Illuminateur (240 à 326). En 301 Apr. JC il christianise le Roi Tiridate III, et toute la population embrasse la religion. Ce sont les premiers chrétiens qui ne sont pas d'origine juive. Bientôt les Romains en feront autant.
En 405 Mesrob Matchots invente l'alphabet arménien sur le modèle de l'alphabet grec. Il présente des substrats caucasiens et fait des emprunts au vieux perse, au grec et au syriaque, tout en étant influencé par le turc. Il s'écrit de gauche à droite. Cette langue à peine modifiée par le temps, est la langue officielle des Arméniens.
Si on étudie les annales d'un autre peuple ayant des origines aussi anciennes, on s'apercevra à peu d'exceptions près que son histoire est probablement aussi mouvementée, ce qui évidemment ne différencie pas Ayastan de cette autre société. A certains égards les Arméniens se rapprochent d'avantage des communautés qui ont dû subir des exodes massifs ou des massacres importants, sans les différencier particulièrement.
Cependant, la volonté de construire et de garder une forte identité nationale, un territoire aussi proche que possible de celui de leur origine, une harmonie culturelle et religieuse ; les hisse au rang des vraies nations dignes de considération, mais surtout méritant d'être soutenues. Ces vicissitudes forgent un caractère général très entreprenant (se protéger) et très communautaire (conserver son identité), qu'on retrouve dans des groupes à forte personnalité comme les Basques, les Irlandais, les Hébreux, les Inuits du Nunavut, les Berbères, les Balinais, les Thaïs, les Mongols, les Tsiganes, les Pygmées. Pour n'en citer que quelques uns.
L'histoire de peuples tels que les Arméniens, ne peut pas sombrer dans l'oubli ; et bien qu'on le ressente intuitivement, il est intéressant d'essayer de comprendre pourquoi. Peut-être qu'un jour, les membres d'une tribu très unie sont arrivés au bon moment, au bon endroit et en capacité de reprendre le flambeau d'une nation en déclin. Ayant trouvé l'endroit agréable, s'étant acclimaté à la contrée et aux peuples régionaux ; ils se sont dit : « Voilà une province pour élever nos enfants et développer des coutumes et une industrie, qui nous rendront libres et peut-être heureux. Nous pourrons enfin exister dans l'espérance de la paix ! »
Cet essai a été rédigé après la mise en forme d'un récit, écrit originellement en arménien, en 1915 sous le titre "Le récit de Néné-Saténik, que vous pouvez retrouver sur skyblog en tapant: "nene-satenik"
Si vous souhaitez en savoir plus sur mes Travaux et Essais voyez mon Blog :
http://bernosjm.blogspot.com/
Pour + d'infos sur d'autres travaux historiques, en collaboration avec mon père
voyez: http://www.histoire-genealogie.com/spip.php?article1576
Éveil de l'Arménie
par Jean-Michel BERNOS
Edition Mars 2006
Toute reproduction, même partielle de cette étude est interdite
sans l'autorisation écrite de l'auteur.
Avant-propos
Pourquoi cet essai sur l'Arménie ?
D'abord, parce que la mémoire des grands peuples qui ont jalonné notre histoire a peu à peu établi la notion inéluctable de civilisation ; système de vie et de pensée, qui incite le genre humain à étendre son influence sur toute la surface de la terre.
Ensuite, parce que les grandes civilisations s'influençant mutuellement, par intégration ou par alliance, démontrent le génie de la différence " humaine " ; celui d'une capacité à comprendre comment marche le monde et à l'enseigner à ses semblables ou ses descendants. Notion formellement absente dans tous les autres règnes de la vie.
Enfin, parce que certaines " Civilisations " ont justifié leur fondamentale et nécessaire existence par leur volonté, leur dispositions et leur pugnacité ; souvent d'ailleurs dans l'adversité, l'isolement ou la dispersion ; développant un ensemble de gestes historiques majeurs et originaux.
De très nombreux ouvrages ont détaillé de façon experte et exhaustive, la riche histoire de cette société, s'attardant sur la précieuse particularité géographique de son implantation, dans une des régions connue comme l'un des berceaux de l'humanité.
L'histoire universelle nous apprend que l'Arménie a embrassé la chrétienté la première parmi les nations dites païennes.
Les historiens se sont attardés sur les conséquences des différentes conquêtes ou assimilations, certaines tragédies, des combats actuels.
Paradoxalement, bien que la brillante et précédente civilisation d'Urartu, mise à jour en 1936, nous renseigne sur la vie de cette région avant l'établissement du peuple Arménien ; peu de travaux se sont attardés sur cette " origine " d'Ayastan, nom arménien d'un peuple authentique, industrieux et attachant.
Par pure curiosité ethnologique, j'ai voulu comprendre la souche de cette nation, la genèse de son histoire.
l'Histoire
Dès l'ère paléolithique, l'Anatolie, la Mésopotamie ( littéralement :
" le pays entre les deux fleuves " ) ainsi que le sud du Caucase sont déjà peuplés. C'est dans ce vaste territoire que vont se développer des civilisations successives jusqu'à l'éveil d'Ayastan, le royaume fondé par les Arméniens.
Les premier grands peuples sont les Mésopotamiens. Ils émergent dès le VII ème millénaire, Leur civilisation sera fort longue. Ils se diviseront, se constitueront au cours des alliances et des combats. Les Sumériens apparaissent dès 3300 ans Av. JC.
Les Phéniciens ont déjà une culture développée au III ème millénaire, et influencent la région côtière avant de se lancer dans les grandes conquêtes maritimes qu'on leur connaît.
On note différents royaumes comme celui de Lagash, sur le Tigre inférieur, au XXV ème siècle Av. JC, puis les Sumériens infligent leur domination brutale s'opposant ensuite aux sémites d'Akkad.
Vers 2200 Av. JC, apparaissent les Hourrites descendus des montagnes. On parle d'infiltration de la civilisation Mésopotamienne.
Les Barbares comme les Gouti et les peuples du Zagros (chaîne de montagnes au sud-est de l'Iran) envahissent la Mésopotamie. Suit vers -2100, la grande dynastie d'Our qui va perfectionner la politique impériale des maîtres d'Akkad. Ce sera la grande époque des ziggourats.
Vers -2000 s'infiltrent les Amorrites, puis les Elamites qui finissent par adopter un dialecte akkadien. Il donnera naissance à la langue Assyrienne .
Pendant ce temps les Hourrites continuent leur progression en haute Mésopotamie.
C'est la dynastie Amorrite qui s'impose jusqu'en 1600 av. JC.
Les peuples de la périphérie se remettent en mouvement pendant que se met en place le 1er royaume de Babylone lui même, détruit par une expédition Hittite.
Jusqu'en –1200, les Hourrites et les Aryens se fixent en Mésopotamie. Ils sont venus du Zagros lors de la période précédente et fondent un État, le Mitanni, pendant qu'une seconde puissance est créé par les Kassites dans le sud. Les Hittites et les Assyriens s'entendent pour les dominer vers le XV ème siècle Av. JC.
Malgré toutes ces vicissitudes, La Babylonie continue de vivre et porte une grande influence dans toute la région, ou le commerce ne cesse jamais de se pratiquer. Vers –1100, La Babylonie et l'Assyrie commencent à décliner sous l'effet du harcèlement des nomades. Au X ème siècle Av. JC, les groupes Araméens se fixent dans la région. Ils absorbent les populations plus anciennes, mais partout, les petits royaumes tribaux qui se forment reconnaissent pour souverain, le roi de Babylone.
Vers –900 commence alors la reconquête des Assyriens réveillés par un renouveau économique et intellectuel. Progressivement, ils vont soumettre les Araméens. Cette conquête durera un demi siècle. Vers –825, les Assyriens ont du mal à endiguer la poussée d'Urartu qui par le bassin du Tigre supérieur, menace le c½ur de l'Assyrie.
Les Hurrians ou Hurrites et quelques petites principautés s'installent dans la région du lac de Van vers –860. Ils donnent naissance à la magnifique civilisation d'Urartu qui résistera jusqu'en –590, époque à laquelle ils seront décimés par les Mèdes venus d'Iran , les Scythes venus des steppes eurasiatiques et les Cimmériens, cavaliers originaires de la steppe pontique (le Pont, arc montagneux de la Turquie actuelle, qui borde au nord, le plateau anatolien en longeant la côte de la mer noire depuis le Bosphore jusqu'à la Russie).
Urartu est une déformation d'Ararat, nom de la montagne où Noé posa son arche. C'est le nom que leur donnait les Assyriens sous le règne du roi Salmanasar 1er, alors qu'ils s'appelaient entre eux " Biaini ". Les Assyriens appelaient aussi ce pays :" Terres de Naïri "
Les Urartéens parlaient un dialecte Hurrite, mais adoptèrent rapidement la langue et l'écriture Assyrienne.
Ils possédaient une originale culture basée sur l'arbre de vie, mais furent combattus sans relâche par Sargon, roi Assyrien d'Akkad qui assiégea les forteresses Urartéennes. Le c½ur du pays se situait entre le lac de Van et celui de Sevan.
Urartu finit par disparaître en 590 Av. JC sans laisser de trace, car on ne découvrit son existence qu'en 1936. Pourtant il ne disparut pas complètement.
Une tribu Thraco Illyrienne, les Haïkans se mélangea aux Urartéens dès le VII ème siècle Av. JC. Ils se disaient descendants de Haïk, arrière petit fils de Noé. Ce personnage a fait l'objet d'une épopée nationale, rédigée vers 1800 de notre ère par le restaurateur de l'arménien classique, Arsen Pakradouni.
Les " Thraces " était un peuple indo-européen vivant dans une vaste région comprenant la Grèce, la Bulgarie, la Turquie et la péninsule balkanique, tandis que les " Illyriens " se situaient entre Danube et mer adriatique. Il y avait une forte population Illyrienne en Dalmatie méridionale, au voisinage du monde Grec. Pline l'ancien disait d'eux qu'ils devaient être les ancêtres des Albanais. Ils donnèrent à Rome sept fameux empereurs entre 268 et 885 dont Claude et Aurélien. On appelait aussi les Illyriens archaïques, " Les peuples de la Mer ". Ces peuples participèrent à des invasions en Mésopotamie et en Egypte.
Progressivement, les Haïkans s'installèrent, absorbant à leur tour la culture d'Urartu, jusqu'à émerger avec une forte identité.
Quels sont les évènements qui ont amené ces tribus à se former ? Les mouvements divers de rois locaux en mal de conquête ? Les mélanges de populations au gré des déplacements vers de nouveaux horizons ? Une identité culturelle qui les poussaient à rechercher un lieu mythique ? Il faudrait beaucoup de travaux et de quêtes pour comprendre les raisons précises de la formation de la tribu Thraco Illyrienne, les Haïkans ! Quoi qu'il en soit, et peut-être à l'image de certaines populations se créant une homogénéité, comme l'histoire nous en montre des exemples ; cette tribu trouva dans la région du lac de Van, un havre et un territoire pour se développer et croître.
Ils grandirent et prospérèrent dans toute l'Anatolie, le nord de la Syrie, de l'Iran et le sud du Caucase.
L'Arménie est d'abord une satrapie vassale de l'empire des Mèdes (612-549 Av. JC), puis des Achéménides (549-330 Av. JC), avant d'être intégrée à l'empire d'Alexandre le Grand. Mais la défaite d'Antiochos III à Magnésie (189 Av. JC) permet au Roi Artaxias 1er, d'origine grecque, de proclamer l'indépendance de la Grande Arménie. Celle-ci connaît la période la plus glorieuse de son histoire sous Tigrane II le Grand (95-54 Av. JC). Cependant, défait par Pompée en 66 Av. JC, ce dernier doit s'allier à Rome. L'Arménie joue désormais le rôle d'un État tampon entre les Empires romain et parthe, qui se la partagent en 390 Apr. JC.
Il y eut ensuite la conquête arabe en 640 de notre ère, puis des coups portés par Byzance et les Turcs Seldjoukides. Il y eut encore les Mongols de Genghis Khan et les Turkmènes, jusqu'à l'émigration du peuple Arménien vers la Cilicie (région de la Turquie d'Asie, au sud est de l'Anatolie, contre les montagnes du Taurus). Ici la " Petite Arménie " est fondée en 1080. Royaume dont les princes soutiendront les croisés contre l'Islam.
Le royaume pourtant succombe aux attaques des Mamelouks d'Egypte en 1375.
De la fin du XIV ème siècle au XVII ème siècle, les Ottomans se rendent maîtres de toute l'Arménie, excepté du khanat d'Erevan, du Nakhitchevan et du Karabakh (sud du Caucase) qui, disputés du XVI ème siècle au XVIII ème siècle entre Turcs et Persans, reviennent finalement à ces derniers. Dans l'Empire Ottoman, les Arméniens constituent depuis 1461 la nation arménienne, sous la responsabilité du patriarcat arménien de Constantinople. Ils seront malgré les nombreuses vicissitudes, un peuple avec sa propre identité dans l'empire Ottoman, puis Turc jusqu'à la première guerre mondiale.
Il est difficile de résumer 1500 ans d'histoire en quelques lignes, notre objectif étant de comprendre essentiellement le mécanisme de la formation de cette nation, mais il semblait important de survoler cependant, la suite de son aventure.
Le Royaume d'Ayastan connu plusieurs capitales, Artaxata, capitale de la grande Arménie sur l'Araxe ; Ani, en Turquie, capitale de la dynastie des Bagratides au V ème siècle. Elle fut mise à sac en 1064 et détruite par un tremblement de terre en 1319.
Aujourd'hui, la capitale de la République d'Arménie se situe dans le petit Caucase, et se nomme Erevan. Elle se trouve à proximité du lac Sevan. Enclavée, l'Arménie avec peu de ressources énergétiques, tente avec son légendaire esprit d'entreprise, sa main d'½uvre qualifiée, et le soutien de la diaspora, de valoriser son potentiel économique. Elle le tente, en dépit des difficultés rémanentes avec certains de ses voisins, au sujet de prédilections territoriales. Gageons que la bonne volonté, les accords intelligents, et le bon sens sauront permettre à tous de trouver rapidement une issue favorable sans violence.
Trois grands sites on constitué l'Arménie historique, ou zone d'influence : Les deux grands lacs de Van et Sevan et la montagne d'Ararat (symbole national), que l'on trouve en reliant les deux lacs par une ligne droite. Seul le lac Sevan se trouve aujourd'hui dans la partie officiellement restaurée à la population suite à la révolution russe de 1917. La république est proclamée en 1918, et reconnue par les Alliés en 1920. Toutes les régions prévues à l'origine ne sont pas conservées (notamment la région de Van), suite à l'offensive turque. L'Arménie dans ses frontières actuelles à quelques exceptions de territoires divers, est soviétisée en 1920 et n'obtient sa réelle indépendance qu'en 1991. La population actuelle est de 3 millions de personnes, tandis que les arméniens répartis dans le monde sont environ 3,5 millions d'individus.
Les Arméniens sont chrétiens, ils sont même le premier peuple dit païen à être christianisé. Ceci est une particularité de leur histoire qui mérite d'être soulevée. Après la déclaration de création de l'état Arménien par Artaxias 1er - Nous sommes dans les années 190 Av. JC – la capitale est Artaxata sur le fleuve Araxe. Son successeur Tigrane le Grand conquiert les rives de l'Adriatique en 80 Av. JC et se proclame " Roi des rois " La capitale devient pour un temps Tigranocerta (Diarbékir, en Turquie), mais passe sous protectorat romain en 69 Av. JC sous Pompée. Ce n'est qu'en 135 Apr. JC que l'empereur Hadrien rétablit l'autonomie.
Suivra une période d'entente entre Arméniens et Romains et des souverains comme Tiridate III d'origine Parthe. Ils se battront ensemble contre les Perses Sassanides. Pendant ce temps le christianisme commence à essaimer dans la région. Un Evêque nommé à Césarée en Cappadoce (aujourd'hui Kayseri, en Turquie) entre en Arménie. C'est Grégoire 1er l'Illuminateur (240 à 326). En 301 Apr. JC il christianise le Roi Tiridate III, et toute la population embrasse la religion. Ce sont les premiers chrétiens qui ne sont pas d'origine juive. Bientôt les Romains en feront autant.
En 405 Mesrob Matchots invente l'alphabet arménien sur le modèle de l'alphabet grec. Il présente des substrats caucasiens et fait des emprunts au vieux perse, au grec et au syriaque, tout en étant influencé par le turc. Il s'écrit de gauche à droite. Cette langue à peine modifiée par le temps, est la langue officielle des Arméniens.
Si on étudie les annales d'un autre peuple ayant des origines aussi anciennes, on s'apercevra à peu d'exceptions près que son histoire est probablement aussi mouvementée, ce qui évidemment ne différencie pas Ayastan de cette autre société. A certains égards les Arméniens se rapprochent d'avantage des communautés qui ont dû subir des exodes massifs ou des massacres importants, sans les différencier particulièrement.
Cependant, la volonté de construire et de garder une forte identité nationale, un territoire aussi proche que possible de celui de leur origine, une harmonie culturelle et religieuse ; les hisse au rang des vraies nations dignes de considération, mais surtout méritant d'être soutenues. Ces vicissitudes forgent un caractère général très entreprenant (se protéger) et très communautaire (conserver son identité), qu'on retrouve dans des groupes à forte personnalité comme les Basques, les Irlandais, les Hébreux, les Inuits du Nunavut, les Berbères, les Balinais, les Thaïs, les Mongols, les Tsiganes, les Pygmées. Pour n'en citer que quelques uns.
L'histoire de peuples tels que les Arméniens, ne peut pas sombrer dans l'oubli ; et bien qu'on le ressente intuitivement, il est intéressant d'essayer de comprendre pourquoi. Peut-être qu'un jour, les membres d'une tribu très unie sont arrivés au bon moment, au bon endroit et en capacité de reprendre le flambeau d'une nation en déclin. Ayant trouvé l'endroit agréable, s'étant acclimaté à la contrée et aux peuples régionaux ; ils se sont dit : « Voilà une province pour élever nos enfants et développer des coutumes et une industrie, qui nous rendront libres et peut-être heureux. Nous pourrons enfin exister dans l'espérance de la paix ! »
Cet essai a été rédigé après la mise en forme d'un récit, écrit originellement en arménien, en 1915 sous le titre "Le récit de Néné-Saténik, que vous pouvez retrouver sur skyblog en tapant: "nene-satenik"
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http://bernosjm.blogspot.com/
Pour + d'infos sur d'autres travaux historiques, en collaboration avec mon père
voyez: http://www.histoire-genealogie.com/spip.php?article1576
